Voiles en mouvement dans une lumière ambrée, image de la transe tantrique
Une pratique du tantra

La transe

Quand le corps retrouve son chemin

La transe a mauvaise réputation, et le mot n'y aide pas. Il ne s'agit ni de perdre conscience, ni de se livrer à quiconque : il s'agit d'un état où l'attention se déplace, et où le corps reprend la parole.

Ce qu'est réellement la transe

Le mental a besoin de nouveauté pour rester aux commandes. La répétition l'endort. Un rythme régulier — le souffle, un son tenu, un mouvement repris encore et encore — finit par saturer l'attention ordinaire, et quelque chose lâche.

Ce qui suit n'est ni le sommeil ni l'inconscience. C'est un état de conscience élargie, entre veille et rêve, où le corps se met à bouger de lui-même, où des images viennent, où les émotions montent sans leur filtre habituel. Vous savez où vous êtes. Vous pouvez ouvrir les yeux et vous arrêter. Simplement, la part de vous qui commente et contrôle s'est mise en retrait.

Aucune substance n'intervient, à aucun moment. La transe tantrique s'induit par le souffle, le rythme et le mouvement, rien d'autre.

Comment elle s'induit

Trois leviers, souvent combinés. Le souffle d'abord : une respiration ample, continue, sans pause entre l'inspiration et l'expiration, tenue une vingtaine de minutes. Le rythme ensuite : tambour, percussion, boucle sonore, dont la régularité fait le travail. Le mouvement enfin : une danse libre, ou au contraire un geste minimal répété jusqu'à ce qu'il se poursuive tout seul.

S'y ajoute la voix de celui qui guide. Les textes d'induction — ces phrases dites lentement, qui ouvrent l'espace sans le remplir — sont un métier à part entière. Frédéric David en a fait l'un des axes de son travail, jusqu'à leur consacrer une annexe entière de son livre sur le massage sans les mains.

Ce que la transe permet

Elle donne accès à des matériaux que la parole n'atteint pas. Des tensions anciennes se dénouent sans qu'on ait eu besoin de les nommer, des émotions retenues trouvent une sortie, des images surgissent dont le sens n'apparaît parfois que des jours plus tard.

Sur le plan physique, l'effet le plus constant est une fatigue immédiate suivie, dans les vingt-quatre heures, d'un regain net de vitalité — comme après une longue nage. Sur le plan émotionnel, les participants décrivent un allègement, et une capacité renouvelée à sentir.

Il faut le dire clairement : la transe n'est pas une thérapie et ne prétend pas en remplacer une. C'est une expérience, et son bénéfice tient largement à ce qu'on en fait ensuite.

Le cadre, qui n'est pas négociable

On n'entre en transe que là où l'on se sent en sécurité. Cela suppose quelqu'un qui veille et qui ne participe pas, la possibilité de s'arrêter à tout instant sans se justifier, et un groupe qui a compris que ce qui se passe dans la salle reste dans la salle.

Cela suppose surtout un retour. Le temps d'intégration, l'ancrage, la parole déposée après coup font partie de la pratique, au même titre que l'induction. Une transe sans retour n'est pas une transe accomplie — c'est une porte laissée ouverte.

Certaines situations demandent de la prudence : une grossesse, un traitement psychotrope, un épisode psychique récent. Parlez-nous-en avant le stage, nous adaptons — c'est une conversation banale, que nous avons régulièrement.

Où le pratiquer avec nous

Dans quels stages

La transe est l'un des deux axes de L'Ivresse de la Joie, avec le tantsu. Elle est également pratiquée lors du réveillon tantrique, où le passage d'une année à l'autre s'y prête particulièrement, et elle apparaît dans la plupart de nos stages.

Une pratique du tantra

Questions fréquentes

La transe tantrique utilise-t-elle des substances ?

Jamais. Elle s'induit uniquement par le souffle, le rythme et le mouvement. Aucune plante, aucun psychotrope, aucune préparation d'aucune sorte.

Est-ce que je perds le contrôle ?

Non. Vous savez où vous êtes et vous pouvez interrompre à tout moment. Ce qui se retire, c'est la part qui commente et surveille — pas la conscience elle-même.

Est-ce dangereux ?

Dans un cadre tenu, non. Les précautions concernent la grossesse, certains traitements et les épisodes psychiques récents : signalez-le avant, nous adaptons la proposition.

Que se passe-t-il si une émotion forte monte ?

Elle est accueillie. C'est précisément pour cela que quelqu'un veille sans participer, et que le temps de retour est prévu au programme.

Peut-on pratiquer la transe seul chez soi ?

Nous le déconseillons. Le souffle continu peut ouvrir plus que prévu, et l'intérêt du cadre est justement d'avoir quelqu'un pour accompagner le retour.

Une question avant de vous lancer ?

Toute première participation est précédée d'un entretien téléphonique. Il est gratuit, sans engagement, et c'est souvent là que tout se clarifie.