Quatre jours dans les gorges du Caramy pour faire du passage d'une année à l'autre autre chose qu'une soirée.
Du 29 décembre 2026 au 1er janvier 2027, en solo ou en couple.
Il existe un proverbe qu'on retrouve, presque mot pour mot, sous toutes les latitudes : la façon dont vous rencontrez la nouvelle année est la façon dont vous allez la vivre.
Les anthropologues appellent cette période la liminalité — un intervalle où l'ordre ancien s'est défait et où le nouveau n'a pas encore pris. Un moment que toutes les cultures ont jugé assez délicat pour l'entourer de gestes précis.
Nous avons perdu ces gestes. Il nous reste un décompte de dix secondes et une coupe levée.
Nous reprenons ce que ces traditions savaient : que l'on ne franchit pas un seuil par distraction. Qu'il faut du temps pour quitter, du temps pour traverser, et du temps pour revenir parmi les siens autrement qu'on en était parti. Quatre jours, dans un lieu écarté, avec un groupe restreint et deux personnes pour tenir le cadre.


Fin décembre, dans les gorges, le soleil se couche peu après dix-sept heures. Plutôt que de lutter contre cette lumière avare, nous l'avons prise pour architecture.
Le matin commence dehors, avant le petit-déjeuner : quarante-cinq minutes de souffle et de mouvement lent, pendant que le jour se lève sur les falaises. Vient ensuite le temps le plus ample — danse, éveil du corps, jeux à deux et en groupe, marches le long de l'eau.
L'après-midi s'ouvre par deux heures libres, et ce n'est pas un creux dans le programme. C'est là qu'on marche seul, qu'on dort, qu'on écrit, qu'on poursuit ce qui a été commencé la veille. Ce qui a été ouvert a besoin de temps pour se déposer. Puis vient le massage, long, par deux, différent chaque jour.
Le soir arrive tôt et dure longtemps. Les lumières baissent, le thé circule, et la soirée devient le véritable laboratoire du séjour : rituels, danses, jeux, et ce dont on se souviendra dans un an.

Et l'on rit beaucoup. C'est la crainte la plus fréquente — passer le réveillon en stage, n'est-ce pas un peu triste ? — et c'est le contraire qui se produit. Une longue table, des plats qui passent de main en main, les treize desserts de Provence dressés comme un autel, la musique qui monte, la danse qui dure tard. Des jeux, aussi, dont certains sont franchement drôles.
Ce qui change, c'est qu'on prend le temps : quatre heures à table, la chaleur d'une salle pleine, rien à organiser, personne à rassurer, aucune heure à laquelle il faudrait être quelque part. Et que le passage est vécu plutôt que subi.
Entre chaque temps, des pauses, de la marche, du silence. Nous ne cherchons pas à remplir quatre jours. Nous cherchons à les habiter.

Le premier soir, on arrive chargé. L'année dans les épaules, la route dans les jambes, la tête qui continue de tourner à vide. On ne vous demande rien de plus que de poser vos pieds quelque part.
Le deuxième jour, la peau se remet à répondre. Le froid de la pierre le matin, la chaleur d'une couverture de laine le soir, l'odeur du thym écrasé sous les semelles, le poids d'une main qui se pose sur un pied et n'en bouge plus pendant dix minutes. Des choses minuscules, et qu'on avait cessé de percevoir.
Le troisième jour, quelque chose lâche. On ne saurait pas dire quoi. On rit plus facilement, on se tait plus longtemps, on touche sans avoir à s'expliquer.
Nous ne promettons rien de plus que cela. C'est plus simple et plus rare qu'on ne croit : un corps qui redevient un endroit habitable.
Le groupe est restreint, et tout commence par une conversation. Écrivez-nous ou appelez le 06 74 44 25 05.
Il n'y a rien à trouver ici. Seulement quatre jours pour cesser de chercher.
J'avais peur qu'un réveillon en stage soit triste. C'était l'inverse. Ce qui m'a le plus marquée, c'est l'écoute : on n'était pas pressés de remplir les silences, ni d'aller plus loin que l'autre. Chacun pouvait dire non, ralentir, s'arrêter — et c'était respecté, sans commentaire. Les armures sont tombées parce qu'on n'avait rien à prouver. Je suis rentrée le 1er janvier plus claire, plus habitée, et plus fidèle à ce que je peux offrir — et recevoir.
Je suis venu avec cette habitude d'homme qui tient : ne pas trop montrer, ne pas trop sentir, avancer. Ici, on ne m'a pas demandé de « m'ouvrir ». Juste de rester. L'écoute du groupe m'a permis de poser ce que je porte d'habitude tout seul : la fatigue, la tendresse, la peur du trop. Personne n'a ironisé. Personne n'a voulu me réparer. J'ai pu être présent sans jouer le rôle du solide, et je suis rentré plus droit, et plus vrai.
On pensait déjà bien se connaître. Ce passage d'année nous a montré ce qu'on ne se disait plus. Pas de grande scène : juste le temps, le corps, le silence entre deux phrases. Chacun a eu sa place, et le « nous » aussi. La nuit du passage n'a pas été un spectacle à réussir, plutôt un seuil qu'on a traversé côte à côte, attentifs. On est partis avec une façon plus juste de se parler — et de se laisser être.

Les pratiques sont fortes, et rien n'y est brusqué. Chacune s'installe par étapes, avec le temps qu'il faut — et ce qui s'installe ainsi tient longtemps après le séjour.
Le souffle et la voix, travaillés comme des instruments — c'est-à-dire avec précision, et non comme des métaphores.
Le butō, cette danse japonaise née d'un corps qui se souvient, pratiquée dehors, dans la garrigue d'hiver, la roche blanche et le vent pour partenaires. Et la danse, plus simplement, celle qui délie.
Des méditations tantriques, souvent dynamiques et rarement assises : on secoue, on souffle, on tourne, on crie, puis on s'immobilise longtemps. Chacune a une durée, une structure et une fin nettes — ce n'est pas un moment de détente, c'est une mécanique qui produit un état précis. Plusieurs sont de notre invention, écrites pour ce séjour et pour ce lieu.
Le tantsu et le massage tantrique, dans un cadre explicite et tenu. Quatre séances longues sur quatre jours, qui suivent une progression : on ne commence pas par où l'on finit.
Les mudras à deux — ces positions de mains, tenues face à face pendant trois minutes — qui disent souvent en silence ce qu'une conversation met une heure à contourner.
Les mantras, abordés pour ce qu'ils sont : des sons dont on connaît l'effet dans le corps, et dont on peut apprendre la mécanique sans avoir à croire quoi que ce soit.
Les rituels de passage, empruntés à des traditions très éloignées les unes des autres et réécrits pour aujourd'hui. Les jeux, à deux et en cercle, dont quelques-uns laissent le groupe sans voix à force de rire. Et le silence, la marche, la nuit.
La musique, enfin, qui n'est pas un décor. Chaque séquence est composée à l'avance et choisie pour ce qu'elle fait au corps : porter une transe, ouvrir un mouvement, tenir un silence, conduire un rituel jusqu'à son terme. Elle commence et s'arrête à des moments précis, et cette précision fait partie du travail.
Les temps de danse ont leurs propres sélections, longues, construites en vagues — du presque immobile au très ample, puis retour. Certaines pièces reviennent d'un jour sur l'autre : au bout de quatre jours, on reconnaît aux premières notes ce qui va commencer, et le corps part avant la tête.

Le toucher, ici, n'est jamais une promesse ni une performance. Une main se pose, elle reste, elle attend que le corps en dessous se souvienne qu'il est là. C'est tout, et c'est long, et quatre jours suffisent à peine.
Le séjour est accessible à qui n'a jamais rien pratiqué, et il va assez loin pour qui pratique depuis longtemps. La profondeur ne vient pas de la difficulté des exercices, mais du temps qu'on leur laisse — et quatre jours, c'est beaucoup de temps.
Pour situer notre travail : les massages suivent une progression en cinq portes — le souffle, la voix, le regard, la présence, le son — et nous pratiquons le nyasa, ce geste ancien qui consiste à poser un son sur un endroit précis du corps, en le touchant. C'est la charnière entre les mantras et le toucher, et c'est de là que vient le massage sans les mains.
Tout cela se pratique dedans et dehors — la grande salle au parquet, les terrasses, la pinède, les berges, le promontoire. Le domaine n'est pas un décor : il fait partie de la traversée.
Asato mā sad gamaya
De l'irréel, conduis-moi au réel. De l'obscurité, conduis-moi à la lumière. De la mort, conduis-moi à ce qui ne meurt pas.
Ce mantra vient de la Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad, l'un des plus anciens textes de l'Inde. Trois franchissements, une seule phrase. Nous le chantons pendant la nuit du 31.
Une bastide du XIIIe siècle posée sur un promontoire rocheux, au cœur des gorges du Caramy, dans le parc naturel régional de la Sainte-Baume, sur la commune de Tourves. Deux hectares et demi de forêt, de garrigue et de vergers, une rivière d'eau claire qui traverse la propriété, des falaises de deux cents mètres, et un ciel nocturne d'une noirceur que l'on ne trouve plus près des villes.
Une grande salle de quatre-vingt-quinze mètres carrés au parquet, des terrasses au sud, des chambres qui ouvrent sur la roche. Une cuisine soignée, végétarienne. Le domaine nous est réservé en exclusivité : pendant quatre jours, il n'y aura personne d'autre que nous.
Et, à une minute à pied, le vieux pont de Cassède — deux arches en plein cintre au ras de l'eau, classé Monument Historique. Les falaises qui le dominent ont abrité des sanctuaires il y a cinq mille ans. On vient marquer ses passages dans cette gorge depuis cinq mille ans. Nous n'inventons pas grand-chose.






Photographies © Domaine de Tilopa, reproduites avec leur aimable autorisation.
Il y a un moment, dans la nuit du 31, où plus personne ne sait très bien quelle heure il est ni de quelle année il s'agit. Les visages ne sont plus tout à fait des visages, les corps plus tout à fait séparés. C'est le cœur du séjour, et c'est ce que les traditions appellent mourir un peu — se défaire assez pour que quelque chose puisse se refaire autrement. Le butō ne dit rien d'autre. Ceux qui creusaient des sanctuaires dans ces falaises ne disaient probablement rien d'autre.
Ce que font les humains, partout, quand une année s'achève — et pourquoi nos réveillons en ont gardé si peu.
Les douze grains de raisin, les cent huit cloches du Japon, la vaisselle brisée au Danemark, les Douze Nuits germaniques, le premier visiteur d'Écosse, de Grèce et du Vietnam. Et, pour finir, sept gestes à faire chez vous cette année, que vous veniez ou non.
Vos coordonnées ne servent qu'à vous envoyer le livret et, si vous le souhaitez, nos rares nouvelles. Confidentialité.

Nous n'en dirons pas davantage, et ce n'est pas une coquetterie. Un rituel perd beaucoup de sa force quand on en connaît le déroulé à l'avance : savoir ce qui vient permet de s'y préparer, donc de s'en protéger un peu. Ne rien anticiper fait partie du dispositif — c'est ce qui vous laisse arriver disponible, et découvrir les choses au moment où elles vous arrivent.
Cent huit
Le bol, frappé de plus en plus rarement, jusqu'à ce qu'il ne reste que l'attente.

Savoir clore ce qui est resté ouvert : une année, une histoire, une version de soi qui a fait son temps.
Un corps qui sent à nouveau, après douze mois passés pour l'essentiel dans la tête.
Toucher et être touché sans enjeu, sans malentendu, sans avoir à s'expliquer. C'est plus rare qu'on ne le croit, et cela se réapprend.
Découvrir qu'on peut se taire longtemps, et que c'est un soulagement plutôt qu'une épreuve.
Quatre ou cinq gestes précis, simples, reproductibles, qui tiennent toute l'année — dans la vie intime comme dans les jours ordinaires.
Et le privilège devenu rare de n'avoir rien à réussir pendant quatre jours.

Nous pratiquons le tantra depuis une vingtaine d'années, formés auprès de Jacques Lucas et de Marisa Ortolan, et nous animons des stages depuis près de dix ans. Frédéric est sophrologue et praticien en thérapie brève ; Anna pratique le shiatsu et accompagne des cercles de femmes.
Ce que nous transmettons ici, nous l'avons aussi écrit. Frédéric est l'auteur de Tantra !, Tantra Solo, Tantra Pneuma et du Massage tantrique sans les mains, d'où viennent les cinq portes et le nyasa dont il est question plus haut. Et nous avons écrit à deux Nos vies ont besoin de rites, dont ce séjour est la mise en pratique.
Nous sommes deux à tenir le cadre pendant les quatre jours : il y a donc toujours quelqu'un de disponible — pour une question, un doute, un moment où ça remue plus que prévu. C'est aussi pour cela que le groupe reste petit.
Une seule, prise au hasard dans les soixante de notre Oracle du Tantra. Ce n'est pas de la divination : c'est une question posée à quelqu'un qui ne la voyait pas venir.

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Toute inscription commence par un entretien téléphonique : c'est le moment de poser toutes vos questions, et le nôtre de nous assurer que la proposition vous correspond. Le cadre est énoncé explicitement le premier soir — rien n'est imposé, tout se propose, et chacun reste maître de ce qu'il accepte et de ce qu'il décline.
Ce n'est pas une soirée libertine, ni un séminaire de développement personnel, ni une retraite silencieuse. C'est un rituel de passage, travaillé par le corps.
En temps normal, le 1er janvier au matin, la plupart des gens se réveillent avec le sentiment d'avoir raté quelque chose, sans savoir quoi. Une année vient de finir et personne ne l'a vraiment marquée. C'est exactement ce à quoi sert ce séjour.
Les places sont limitées et l'inscription passe par un échange préalable.
Le tarif anticipé court jusqu'au 31 octobre 2026.
C'est la crainte la plus fréquente, et c'est le contraire qui se produit. Il y a de la musique, de la danse, beaucoup de rire — certains de nos jeux sont franchement drôles. Ce qui change, c'est que le passage est vécu plutôt que subi.
Un repas qui dure, de la musique, de la danse, un passage ritualisé, et une nuit qui se prolonge pour ceux qui le souhaitent. C'est une vraie fête — simplement, elle est construite, et l'on en ressort autrement qu'après une soirée ordinaire. Nous n'en dirons pas davantage : la surprise fait partie du dispositif.
Oui, et c'est même le moment de l'année où venir seul est le plus simple. Le groupe se soude vite, et les pratiques à deux se font en binômes tournants.
Non. Le séjour est construit pour que chacun entre à son rythme : les premières pratiques sont simples, habillées, sans difficulté particulière. L'entretien téléphonique préalable nous permet d'ajuster.
Non : l'animation et la pension complète sont facturées séparément, la pension étant réglée au lieu d'accueil. Les deux montants figurent ci-dessus, l'hébergement étant donné à partir de, selon le type de couchage.
Non, pas par défaut. Les pratiques se font habillées, en vêtements souples. Certaines propositions, notamment les massages, peuvent se faire dévêtu — jamais par principe ni pour éprouver qui que ce soit, mais parce que la peau ne perçoit pas la même chose à travers un tissu. Quand c'est le cas, nous expliquons pourquoi avant de le proposer. C'est annoncé à l'avance, toujours facultatif, et personne ne vous demandera de justifier votre choix.
Non. Il n'y a aucune pratique sexuelle pendant le séjour, ni entre participants, ni avec nous. Le tantra que nous transmettons travaille la présence, le souffle et le toucher — pas la performance ni la rencontre.
Vous ne le faites pas. Le cadre est énoncé le premier soir : rien n'est imposé, tout se propose, et refuser une proposition n'appelle ni explication ni commentaire. C'est ce que disent nos participants en premier quand on leur demande ce qui les a marqués.
Oui, et c'est fréquent. Vous vous inscrivez alors au tarif individuel. Les pratiques à deux se font en binômes tournants, quelle que soit votre situation.
La plupart ont entre trente-cinq et soixante-cinq ans, avec un vrai mélange. Personne n'est jamais seul de sa génération, et ce n'est pas un critère dont on parle sur place.
Oui, en trois fois sans frais. Nous en convenons ensemble lors de l'entretien téléphonique.
Des vêtements souples, de quoi marcher, et de quoi avoir chaud dehors : nous sortons chaque jour. Les draps et serviettes sont compris. Une liste précise vous est envoyée après l'inscription.